Tout le monde trouve que je suis folle, mais je suis plutôt dépressive, et puis le fait de ne pas pouvoir décompresser, et bah ca arrange rien...
Mes potes m'engueulent, me prient, et en arrivent même à me foutre des baffes pour que j'arrête, mais est-ce qu'elles ont au moins compris pourquoi je le faisais ?
Mon mal-être intérieur sort comme ca, sinon j'exploserai !
Bref, hier soir, je me suis gravé "I'm fine" sur la hanche, et j'ai tellement pissé le sang que je suis tombée sur mon lit, en hypoglycémie... et puis je ne parle pas des cicatrices que j'ai sur les bras, le ventre et les hanches à force de me graver. Avant, je faisais ca au compas, mais c'est devenu trop chiant, et j'ai commencé à me servir des lames de rasoir, et là, j'ai su que c'était trop tard... je ne pouvais plus revenir en arrière, j'étais dépendante...
Le fait de se faire mal physiquement fait produire des endomorphines à notre cerveau, et après, on se sent bien, on est dans une sorte de béatitude, on ne pense plus, on ne se soucie plus de rien, et ca fait vraiment du bien. C'est un peu comme la morphine, que l'on prend quand on a des douleurs physiques, pour calmer justement la douleur, sauf que cette fois, c'est le cerveau qui la fabrique. La morphine est considérée comme une drogue quand on en abuse, et les endomorphines aussi, ca a le même effet, et c'est vrai que ca soulage.
Par contre, je déconseille les gens de tomber dans le cercle vicieux de la scarification car il n'y a que des inconvénients, biensur, je peux toujours parler vu que je me mutile, mais je préviens les autres car je ne veux pas que tout le monde fasse la même connerie que moi. Au départ, on peut faire ca pour faire genre, ou pour montrer qu'on souffre, mais après, si on commence à le faire pour se faire mal, et non pas pour le montrer à tout le monde, c'est qu'on devient accro. Moi, je suis devenue dépendante en à peine trois fois où je l'ai fait, alors ne commencez pas, si vous vous sentez mal, parlez, mais ne vous mutilez pas. En plus, je décois mes amis, je leur dis que je vais arrêter, et le lendemain, je suis obligée de leur dire qu'en fait, je l'ai encore fait... Ils ne comprennent pas que j'en ai besoin pour vivre, si j'arrête, j'en mourrais... Je me décois aussi, je me dis que je suis trop conne car je vais garder les marques à vie, autant physiquement que mentalement. Et tout ca à cause de quoi ? De la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, un gars... Pfff, ce sont vraiment tous des connards, vaut mieux pas s'attacher à eux, ils ne peuvent que nous faire mal...
Le cadeaux de noël que je vais offrir à ma famille, ce sera, dans une enveloppe sur le sapin, écrite de ma main, une lettre d'adieu, qui explique que je me suis suicidée... Eh oui, je l'ai fait sur les bras, les jambes, le ventre, et... j'ai essayé dans le cou, je me suis lamentablement ratée, et j'ai coupé une artère... En à peine 2 minutes je me suis vidée de mon sang et il s'est échappé de mon être pour aller repeindre le sol de sa couleur si violente... Je le savais pourtant ! Je savais ce que je risquais, une mort lente et douloureuse, mais une impulsion démente m'a poussée à le faire quand même, comme si je n'étais plus maitre de mon corps... Et me voila étalée sur le carrelage de ma salle de bain, un carrelage trempé, non pas par de l'eau, mais par mon sang. J'ai perdu la vie car j'étais dépendante, dépendante de ma souffrance, de ma lâcheté...